03 Mai 2016

Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour les remorqueurs d’assistance et de sauvetage Les Abeilles. Après deux hivers plutôt calmes, ce sont en effet pas moins d’une vingtaine d’opérations auxquelles les navires de la compagnie ont pris part. Un hiver très chargé donc, au cours duquel les équipages ont joué pleinement leur rôle de Saint-Bernard des mers…

« Du yacht de 25 m au porte-conteneurs de 300 m, en passant par un chimiquier, un petit cargo caboteur, un vraquier, etc. les nombreuses interventions de nos navires cet hiver illustrent à la perfection les réalités de notre mission. » explique Pascal Potrel, Directeur Général Les Abeilles. « Entre les interventions réelles et ce que nous appelons dans notre jargon les escortes chaudes, nos équipes sont donc intervenues près d’une vingtaine de fois pour porter assistance à des navires en difficulté. Et ce sur toutes les façades maritimes françaises, en Méditerranée, dans la Manche et sur le rail d’Ouessant. » Trois RIAS1 – l’Abeille Bourbon, l’Abeille Liberté et l’Abeille Languedoc – et un BSAD2 – le Jason – ont donc participé à ces opérations.

Comment expliquer un tel enchaînement ? Le changement de la législation sur les combustibles de propulsion, il y a quelques années, qui oblige les navires à passer du fuel lourd au fuel léger lors de l’entrée en Manche, a certes engendré un certain nombre d’avaries. Des navires sont ainsi régulièrement stoppés en pleine mer pour effectuer des réparations dans le circuit de combustible. Ce contexte n’a pourtant pas entraîné une augmentation des opérations de remorquage, mais plutôt des mises en alerte plus nombreuses.

En revanche, une meilleure gestion du risque par les compagnies maritimes est sans doute à prendre en considération : « La plupart des armateurs sont aujourd’hui dans une même dynamique en terme de politique de sécurité, ce  qui les pousse à être beaucoup plus réactifs » juge Pascal Potrel. « Les procédures sont très strictes et appliquées. Les cellules de crise sont donc réunies au plus vite pour gérer au mieux les situations, pour que les navires puissent redevenir opérationnels dans les plus brefs délais. »

"Il n'y a pas de petite ou de grosse opération. Chaque remorquage nécessite le plus grand professionnalisme."
pascal potreldirecteur général les abeilles

 

chaque operation est unique

Le nombre d’interventions ne rend pas celles-ci routinières, loin s’en faut. Ainsi, le remorquage au port de Brest du Koningsborg par l’Abeille Bourbon fin décembre n’aura pas été de tout repos. Le vraquier de 131 m faisait route avec sa cargaison de bois vers la Tunisie lorsqu’un problème mécanique est survenu, entrainant la perte d’une partie de la cargaison du navire, dans une mer forte à grosse. Avec obligation pour l’équipage du remorqueur Les Abeilles d’intervenir dans des conditions difficiles sur le pont du vraquier. Quelques heures plus tard, malgré le bris d’une remorque en cours de route, l’Abeille Bourbon et le Koningsborg faisaient leur entrée dans le port de Brest.

Au même moment, c’est le Fairwood, une vedette de 25 m évacuée de ses occupants suite à un incendie en salle des machines, qui était remorqué par le Jason dans le golfe du Lion (Méditerranée), intervention permettant d’éviter toute pollution aux hydrocarbures.  « Il n’y a pas de petite ou de grosse opération. Chaque remorquage nécessite le plus grand professionnalisme, quelle que soit la taille du navire, pour que la sécurité des personnes et l’intégrité du navire et de l’environnement soient assurées. L’activité opérationnelle soutenue de cet hiver - malgré une météo de saison normale - nous montre, en outre, que la vigilance au niveau de la protection du littoral doit être de tous les instants et qu’il ne faut jamais baisser la garde… »

1RIAS : Remorqueurs d'Intervention, d'Assistance et de Sauvetage

2BSAD : Bâtiment de Sauvetage, d'Assistance et de Dépollution

Focus

ABEILLE LANGUEDOC / UN REMORQUAGE DELICAT

Le 2 mars dernier, le chimiquier Lizrix était remorqué vers Douvres par l’Abeille Languedoc dans des conditions difficiles. Le commandant Eric Piani raconte.

« La particularité de ce remorquage est due à la fois aux conditions météo, avec un vent de force 9, mais aussi au positionnement du navire. Le chimiquier était au mouillage dans le rail de Pas de Calais, en avarie, lorsque la préfecture maritime l’a mis en demeure d’être remorqué, ceci afin d’éviter au plus vite tout risque de collision avec les nombreux navires empruntant cette voie maritime.

Autre avantage, l’opération pourrait alors se dérouler en plein jour, ce qui est toujours plus sécurisant. Pendant la manœuvre, il a fallu positionner l’Abeille Languedoc dans le même sens que le Lizrix, légèrement décalé pour éviter que la chaine de mouillage ne se prenne dans nos hélices. Nous étions donc vent de face, ce qui rendu le remorquage plus difficile, car les remorqueurs interviennent généralement le vent dans le dos, ce qui leur donne un meilleur équilibre. Dans ce cas précis, il a fallu compenser en permanence avec les propulseurs. Malgré ces circonstances globalement défavorables, tout s’est fort heureusement très bien passé et nous avons pu ramener le navire à Douvres où il a pu être pris en charge pour y être réparé. »

Les Abeilles Un hiver riche en interventions
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Les coulisses de Bourbon