18 Mai 2017

Du 12 mars au 18 avril 2017, l’Ulysse, un AHTS de la flotte BOURBON, a remorqué une barge de matériel offshore pour Saipem, d’Arbatax en Sardaigne jusqu’à Port Harcourt. Récit.

Parti le 12 mars d’Arbatax en Sardaigne, l’Ulysse a rejoint Onne-Port Harcourt au Nigéria en 38 jours. Sa mission : remorquer une barge chargée de matériel offshore pour le compte de Saipem, dans le cadre du projet offshore Egina de Total. « Le navire venait d’achever une mission en Égypte. Il a tout de suite été contracté pour cette opération de remorquage » explique Gontran de la Souchère, Contracts Manager chez BOURBON.

L’Ulysse, un AHTS d’une capacité de traction de 170 tonnes, est taillé sur mesure pour ce type de mission. « L’un des atouts de l’Ulysse, est qu’il possède une capacité de traction variable grâce à ses 4 moteurs. En fonction de la charge à remorquer, il peut mobiliser 1, 2, 3 ou 4 moteurs. Idéal pour faire des économies de carburant tout en assurant une puissance de traction optimale » souligne Lionel Le Pape, son commandant. Pour cette opération de remorquage, l’Ulysse n’a utilisé qu’un seul moteur, pour une consommation quotidienne de 10 m3 de carburant.

MANŒUVRES DE PRÉCISION 

Pour parcourir les 4 500 milles nautiques qui séparent Arbatax d’Onne, l’Ulysse a navigué à une vitesse moyenne de 5 nœuds. À son bord, 12 membres d’équipage. « Dans ce type de mission, il faut garder un œil à tout moment sur la tension du train de remorque. Sans jamais toucher le fond, le câble doit être assez long pour aller dans l’eau et absorber les chocs en cas de mauvais temps. L’objectif est d’éviter au maximum les freinages intempestifs, très gourmands en énergie », détaille le commandant.

Remorquer une barge de 100 m avec une longueur de remorque de 500 m réduit la capacité à manœuvrer. Surtout dans des zones étroites comme le détroit de Gibraltar, qui concentre un tiers du trafic maritime mondial. « 13 kilomètres de large, c’est bien peu pour accueillir tous ces navires ! », insiste Lionel Le Pape. « Nous avons pris soin de communiquer nos intentions de manœuvre aux autres navires pour éviter l’accident ».

Autre facteur de réussite : saisir les opportunités climatiques. « En partant de Sardaigne, la météo était avec nous, avec un vent d’est qui nous poussait dans la bonne direction. Nous avons donc pu aller un peu plus vite et rattraper une autre fenêtre météo favorable au large du Maroc. Une occasion à ne pas manquer car les vents contraires dans cette zone peuvent être assez violents », explique Lionel Le Pape.

En s’approchant du Nigéria, l’Ulysse est passé en sécurité de niveau 2 et un protocole très strict s’est enclenché. « Un navire de la défense nigériane nous a ensuite rejoint et  nous a escorté jusqu’au port », conclut le commandant.

Les coulisses de Bourbon