17 Janvier 2017

Pendant près de deux mois, d’octobre à décembre 2016, deux AHTS de la flotte BOURBON, les Bourbon Liberty 212 et 223, ont effectué des rotations au Nigéria entre la base de Saipem à terre et un navire pipe layer pour remorquer du matériel : manifolds, pipes, bouées... Au-delà des problématiques techniques et maritimes, ce contrat a nécessité des précautions particulières en termes de sécurité.

L'objectif du contrat passé entre BOURBON et Saipem pour le compte de Total était d’acheminer du matériel par barge au navire pipe layer qui prépare l'exploitation d’un nouveau champ, à environ 10 milles au sud du FPSO Akpo au Nigéria. Le chargement s’effectuait sur la base terrestre de Saipem, dans la Bonny River, à bord d'une barge de 88 mètres. Toute la descente de la rivière se faisait accompagnée de 3 tugs pousseurs qui aidaient à la manœuvre dans les méandres et fournissaient assistance si besoin. Déroulé type d’une opération ? Après 24 heures de route, le convoi stoppe et se met en stand-by, en attente de la procédure d'approche et de la disponibilité des équipes Saipem. Le commandant effectue un briefing avant de commencer l'opération, en l'expliquant point par point aux équipes et en insistant sur les risques, notamment lors de la connexion et de la déconnexion de la remorque, manipulations potentiellement à risques. « Le Liberty 223 maintient le cap de la barge pour permettre l'accostage de la barge et le Liberty 212 garde la barge dans une position donnée » explique Ronan Cloarec, commandant du Bourbon Liberty 212 et capitaine d'AHTS depuis 7 ans. « Ensuite, c'est le pipe layer qui fait l'approche finale pour les 20 ou 30 derniers mètres pour se mettre le long de la barge, en se déplaçant grâce au positionnement dynamique ».

« L'expérience du papillonnage et du remorquage que nous avons à bord nous permet de ne pas rencontrer de difficulté technique particulière. »
Ronan cloareccommandant du bourbon liberty 212

 

La manipulation est délicate car l'amarrage de la barge le long le bord doit se faire sans choc, au risque d'engendrer des dégâts sur le navire du client. Certaines cargaisons font plus de 1 000 t, mais les Bourbon Liberty peuvent sans problèmes s'acquitter de ce genre de mission : avec des treuils puissants (80 tonnes de bollardpull), un treuil dédié au remorquage, une plage arrière dégagée et des azimutaux en guise de propulsion pour une manœuvrabilité maximale, ce sont des navires spécialisés. « Ce n'est pas une opération que l'on fait régulièrement, mais l'expérience du papillonnage et du remorquage que nous avons à bord nous permet de ne pas rencontrer de difficulté technique particulière : ces deux opérations se ressemblent ! Cependant, il faut insister sur les communications entre la passerelle, le pont, le Liberty 223 et le navire de Saipem : c'est la clef d'une opération réussie. ». La météo peut également être un facteur de risque car le vent peut vite monter à 40 noeuds, mais le choix judicieux de fenêtres favorables est possible en cette saison.

Au cours de ces 2 mois, ce sont cinq cycles de rotations qui auront été effectués avec succès, ainsi que 2 opérations de repêchage et remorquage de bouées.

Enfin, le facteur sûreté est un point important au Nigéria. Pour lutter contre des attaques de pirates, toute la descente de la rivière s'effectue de jour. Pas de garde armé à bord, mais une escorte fournie par une compagnie locale qui accompagne le convoi jusqu'au champ pétrolier où une autre escorte prend le relai.

Les coulisses de Bourbon