16 Février 2016

Après 6 jours à quai pour mauvais temps, l’opération de pipe laying au Mexique a débuté le 21 octobre 2015. Rémi Xiberras, commandant du Bourbon Liberty 207, raconte.

UNE MISSION HAUTE PRÉCISION

21 octobre 2015, 16 heures : le Bourbon Liberty 207 de BOURBON débute une opération de pipe laying sur le champ pétrolifère et gazier de Lakach. Deux lignes de tuyaux de 38 km chacune doivent être posées à une profondeur d’eau de 20 à 50 mètres. « Il s’agit du premier projet de développement en offshore continental au Mexique », explique Rémi Xiberras, commandant du navire, l’un des 2 AHTS mobilisés pour la mission. Son rôle ? Faire avancer la barge Castoro 10 (de la société Saipem) chargée de souder les morceaux de tuyaux les uns aux autres. « Concrètement, cela consiste à relever les 8 ancres reliées à la barge puis à les repositionner un peu plus loin pour faire avancer le bâtiment au fur et à mesure », explique le capitaine.

À ce jour, 7,4 km de tuyaux ont été posés et 600 ancrages réalisés. Un travail complexe et minutieux puisque la barge doit positionner les tuyaux au fond de l’eau. « Nous avons mobilisé tout le savoir-faire de pointe de BOURBON dans le domaine du positionnement et du relevage d’ancres. Le soutien logistique de notre joint-venture mexicaine Naviera Bourbon Tamaulipas s’est également avéré très précieux », précise Rémi Xiberras.

 « Nous avons mobilisé tout le savoir-faire de pointe de BOURBON dans le domaine du positionnement et du relevage d’ancres. »

RÉMI XIBERRAS

COMMANDANT DU BOURBON LIBERTY 207

S’ADAPTER AUX CONDITIONS

Lorsque Rémi Xiberras arrive sur place le 13 octobre 2015, la barge se trouve déjà sur le port. « C’est à cette date que les opérations devaient débuter mais nous sommes restés en stand-by jusqu’au 20 octobre à cause de mauvais temps », explique-t-il. Les choses ne se sont pas arrêtées là. À plusieurs reprises durant la mission, il a fallu remorquer la barge jusqu’au port pour la mettre à l’abri de la tempête. « Un AHTS a beau être puissant et polyvalent, il n’est pas invincible face au mauvais temps. C’est dans ces moments-là qu’il faut être conscient des limites opérationnelles du navire et savoir s’arrêter pour ne pas mettre la vie de l’équipage en danger », insiste le commandant

Le respect des règles de sécurité est vital à tout moment. Les aspects sécuritaires ont d’ailleurs fait l’objet d’une analyse profonde en amont des opérations. « Ensemble avec notre client Saipem, nous avons passé en revue nos standards de sécurité pour définir un ensemble de bonnes pratiques sur mesure. Elles prennent en compte les différents aspects du projet, en particulier la manipulation d’ancres de 7 tonnes chacune », précise Rémi Xiberras.

« Nous avons passé en revue nos standards de sécurité pour définir un ensemble de bonnes pratiques sur mesure. »
RÉMI XIBERRASCOMMANDANT DU BOURBON LIBERTY 207

UN RYTHME D’OPERATIONS SOUTENU

Rémi Xiberras est un habitué des opérations « spot » comme celle-ci, où le navire est affrété pour une seule mission dans le cadre de contrats courts. Commandant du Bourbon Liberty 207 depuis 2014 - après avoir été pilote de Surfer , lieutenant sur PSV et second capitaine sur AHTS chez BOURBON - il a déjà rempli 7 contrats dans autant de pays différents. Son avant-dernière mission : quitter Abidjan pour aller remorquer une jack-up rig à Trinité-et-Tobago et la ramener au large du Surinam, puis la remorquer de nouveau jusqu’à Trinité-et-Tobago, après une opération de forage de 2 mois.

Distance totale : 2 fois 500 milles nautiques. « Et là aussi les conditions météo étaient difficiles » précise Rémi Xiberras. « Dans les 2 cas, il a fallu travailler par à-coups, en accordéon. Nous pouvions ne rien faire pendant plusieurs jours, puis mener des opérations très intensives en très peu de temps. C’est aussi ce qui rend ce métier passionnant », conclut-il.

Les coulisses de Bourbon