26 Juillet 2016

Un navire est un lieu particulier, sur lequel se côtoient pendant des semaines entières des marins de diverses nationalités et cultures, aux métiers et parcours différents, portés par une même passion : la mer. Commandant, matelots, chef mécanicien, maitre d’équipage… forment ainsi une petite communauté au sein de laquelle se tissent des liens forts de respect et de solidarité. Des marins qui ont accepté de partager avec nous un de leurs événements marquant vécu à bord.

« J’ai un souvenir particulièrement marquant d’une opération qui s’est déroulée en 2014 à bord du Bourbon Evolution 803. Nous avons opéré pendant près de trois semaines en Nouvelle Calédonie. Jusqu’à présent, je n’avais effectué des embarquements qu’en Afrique de l’Ouest, cette mission sortait donc du cadre habituel. Je trouvais intéressant de voir que le groupe étendait son rayon d’action vers d’autres régions.

L’opération en elle-même consistait à réparer à 40 m de fond un tuyau d’évacuation d’eaux industrielles qui avait cédé, et ce en pleine zone classée par l’Unesco. Nous avions donc une douzaine de plongeurs à bord qui étaient en charge de procéder à la réparation. Pour l’équipage, cette opération était excitante. Nous étions extrêmement motivés du fait de la nouveauté, et l’ambiance était très conviviale à bord du navire. L’expérience a été concluante, nous avons répondu aux attentes du client, le groupe Vale NC, qui faisait appel à BOURBON pour la toute première fois. Je me souviendrai longtemps de cette opération pas tout à fait comme les autres… »

Ludovic Le Corre, chef-mécanicien sur le Bourbon Evolution 803

 

« Après 7 ans d’expérience chez BOURBON, les souvenirs se bousculent. Une période m’a particulièrement marqué, lorsque je travaillais au Nigeria sur des opérations de ROV, sous contrat avec Total, de 2010 à 2013. J’étais à bord du Bourbon Horus, et nous travaillions en équipe avec deux autres navires : le Bourbon Trieste et le Bourbon Evolution 802. Lorsque nous sommes arrivés sur le champ d’USAN (désormais l’un des plus gros au Nigeria), il n’y avait qu’un puits. Quand nous en sommes repartis 3 ans plus tard, il y en avait 45. C’était extrêmement gratifiant de voir le travail accompli au cours de ces 3 années, et j’en retire une certaine fierté, d’autant plus que c’était la première fois que j’assistais à ce genre d’opérations.

Je me rappelle plus particulièrement d’une opération de pose de jumper, effectuée conjointement avec le Bourbon Trieste. Pendant que l’on maintenait la barge en mode DP, eux déployaient le jumper. Ce n’était pas facile, mais grâce à une coopération optimale, tout s’est déroulé dans de très bonnes conditions. J’ai également eu la chance de découvrir à quel point l’observation de la vie sous-marine grâce aux images fournies par les ROV est passionnante. Je me souviens encore de l’excitation ressentie lorsque j’ai aperçu des baleines pour la première fois. C’est un animal splendide, dont l’image restera à jamais gravée dans ma mémoire !

Au cours de ces trois années de contrat, nous n’avons pas eu beaucoup de répit, mais lorsque l’occasion se présentait, j’appréciais de passer du bon temps avec les autres membres de l’équipage. Nous étions 33 à bord, dont 7 pilotes de ROV. On parlait de nos vies, on confrontait nos expériences. La diversité à bord (polonais, monténégrins, croates et nigérians) garantissait une ambiance conviviale ! »

Alan Orlandini, Commandant du Bourbon Horus

 

« Je me souviens d’une opération de pose de pipeline en Malaisie, avec notre client Petronas. Nous étions 6 membres d’équipage, donc seulement 3 sur le pont à la fois. Lorsque j’y étais, j’étais responsable de la sécurité, tout en sachant que je pouvais m’appuyer sur mon second et le mécanicien, grâce à une entraide omniprésente. Chaque jour, je faisais un quart de 6 heures, puis le commandant prenait le relais pour les 6 heures suivantes.
L’opération a ainsi duré 7 semaines. L’expérience et le professionnalisme de l’équipage ont fait de cette opération un véritable plaisir. Elle exigeait beaucoup de précision et de prudence, en particulier lorsque la houle se levait ou quand la météo changeait brusquement. Par exemple, dans ce type d’opérations, lors de la remontée des câbles sur le pont, leur tension est énorme. Ainsi, à bord chacun doit œuvrer pour la sécurité de tous. J’avais déjà eu l’occasion de participer à des opérations de ce genre auparavant, mais celle-ci fut spéciale pour moi.

En effet, pour la première fois, j’ai eu l’impression que le navire et moi ne formions qu’un. Je sentais ses mouvements sur l’océan, je sentais le courant. Je savais quoi faire, et quand le faire. Manœuvrer le navire était devenu un véritable plaisir. Malgré la difficulté de l’opération, j’étais totalement à l’aise à bord du navire, comme si nous étions connectés l’un à l’autre. Je me sentais plein de vie et prêt à agir.
Désormais, lors de certains Safety meetings, j’aborde ce sujet afin de montrer aux membres de l’équipage à quel point il est important de comprendre son navire et de former un tout. Cela permet de le manœuvrer aussi délicatement que possible, en essayant de choisir la meilleure position, facilitant ainsi l’opération pour l’équipage. Chaque jour à bord est une nouvelle expérience, avec de nouvelles choses à découvrir. 
»

Sergei Kovalev, Second Capitaine du Bourbon Liberty 153

 

"En effet, pour la première fois, j’ai eu l’impression que le navire et moi ne formions qu’un. Je sentais ses mouvements sur l’océan, je sentais le courant. Je savais quoi faire, et quand le faire."
Sergei KovalevSecond Capitaine du bourbon liberty 153

 

« Nous venions de passer 3 semaines en dry dock à Abidjan et nous étions prêts à repartir en opération le jour suivant. C’était en 2011, à bord du Bourbon Trieste. Chacun a fait de son mieux pendant l’examen du navire, qui était donc pleinement opérationnel pour se diriger vers le Nigeria, sur le lieu de la prochaine opération subsea pour le projet Akpo phase 2. Les opérations subsea figurent parmi les plus exigeantes dans l’industrie offshore.

En effet, dans ce cas, nous devions installer des valves et d’autres équipements subsea à plus de 1 300 m de profondeur. Tout ce que l’on installait était unique, construit spécialement pour ce projet. Notre MPSV jouait le rôle d’une commande à distance pour l’installation de cet équipement, et lorsque l’on utilisait le ROV, on avait l’impression de regarder Discovery Channel. C’était magique : on pouvait observer la vie sous-marine à plus de mille mètres de profondeur, et ainsi voir la vie dans des profondeurs extrêmes. C’est un spectacle rare dont il faut profiter, car tout le monde n’a pas cette chance. »

Valter Skrokov, Second Capitaine du Bourbon Evolution 806

 

« En 2013, nous avons été sollicités par Esso pour intervenir au large de l’Angola. Il s’agissait de sécuriser un SHR – Single Hybrid Riser – destiné à ramener le gaz produit par les plate-formes vers le littoral. Long de près de 900 m, ce SHR remonte vers la surface suspendu à une énorme chaîne à laquelle est attachée une bouée, immergée à une centaine de mètres de profondeur. Cette chaine étant fragilisée, le risque était grand qu’elle ne se brise, provoquant des dommages pour le matériel mais aussi pour l’environnement. Nous avons donc travaillé près de deux ans sur une solution pérenne. Un projet que je ne suis pas près d’oublier, pour sa complexité technique mais aussi pour ce que j’ai pu en retirer sur le plan professionnel. Evidemment, on apprend de toutes nos expériences, surtout dans l’ingénierie Subsea. Mais c’est encore plus vrai pour ce projet qui m’a donné une vision plus complète de mon métier.

Une fois les tests à terre effectués avec Exxon, au Texas, nous avons embarqué à bord du MPSV Bourbon Vissolela en juillet 2015 pour assurer la pose du système que nous avions élaboré, à savoir deux tendons hydrauliques de 8 tonnes pour 20 m de long. La plupart des éléments permettant cette installation ont été créés de toute pièce. C’était une opération très gratifiante car nous en maitrisions parfaitement les tenants et aboutissants. Tout s’est parfaitement déroulé, le client a exprimé sa satisfaction et je suis très heureux d’avoir été acteur de ce projet enrichissant pendant près de deux ans. »

Paul-Gaspard de Bovis, Ingénieur Subsea

 

« Cela fait maintenant un an que je suis à bord du Bourbon Evolution 805. L’ambiance y est conviviale, je m‘y sens très bien, comme chez moi. J’ai choisi d’être matelot pour le plaisir de travailler en mer, à bord d’un navire. A ce poste, il est très important d’être attentif et concentré lors d’une opération, notamment lors d’une pose de jumper par exemple. Au moindre incident, je dois être sur le qui-vive.
C’est pour cela que les consignes données par le chef de pont lors de la réunion de préparation en présence de toute l’équipe d’officiers, du commandant et du personnel de Total doivent être comprises et surtout respectées. A la fin d’une opération, après le débriefing, les membres d’équipage se retrouvent pour discuter, ce sont des moments qui comptent. Lors d’un embarquement, j’ai eu la surprise de retrouver à bord un collègue avec lequel j’avais travaillé sur le Bourbon Jade, un autre navire IMR. Nous nous étions bien entendus, et en nous revoyant nous avons pu nous remémorer nos vieux souvenirs. C’est un peu comme si on partageait des moments en famille. L’ambiance qui règne à bord est formidable ! Il se passe toujours quelque chose la journée, entre les opérations, les meeting, etc.

Le mois dernier, j’ai signalé une anomalie à bord en remplissant une B-Safe Card, comme il nous a été recommandé de le faire. Elle a été récupérée par Total, qui m’a félicité pour cette initiative. J’ai pris cela comme un encouragement à demeurer vigilant sur la sécurité, attentif à mon environnement. C’est la base de mon métier. »

Mbulu Nfutila, Matelot sur le Bourbon Évolution 805

Les coulisses de Bourbon