08 Mars 2018

Comme chaque année, BOURBON célèbre la Journée Internationale des Droits des Femmes en mettant en exergue le parcours de plusieurs de ses collaboratrices, officiant à bord de ses navires mais aussi à terre. Premier témoignage*, celui d’Ann Till qui après avoir navigué sur des navires supply offshore est à présent Superintendante HSE.

J'ai quitté l'école à 16 ans et suis devenue élève-officier. À 19 ans, je suis passée officier de quart, avant de devenir quartier-maître. Après avoir travaillé sur des navires marchands de haute mer puis sur un navire de ravitaillement offshore en tant qu’élève, j'ai eu l'opportunité en 2006 de passer d'un navire à passagers à des navires offshore, et je l'ai saisie à bras ouverts. J'ai toujours été attirée par le travail manuel, et l'industrie offshore répondait parfaitement à mes envies. À mes débuts sur un PSV, le lieutenant chargeait les conteneurs sur le pont avec le matelot, et plus tard, j'ai pu apprécier les défis qu'apportaient la manutention des marchandises et le maniement du winch lors des rigmoves en pleine mer. Je travaillerais probablement toujours en offshore si un poste d'Inspecteur Maritime ne s'était pas offert à moi. Mon navire venait de subir une inspection maritime stricte, et je me suis dit « Si je ne peux pas les battre, autant me joindre à eux », alors j'ai posé ma candidature. Quelques mois plus tard, je commençais mon premier emploi à terre, au Qatar.

" Il est très gratifiant de gagner le respect de personnes qui pensaient que c'était « un monde d'hommes » et de leur montrer de quoi je suis capable. "
Ann TillSuperintendante HSE

Les temps changent !

L'industrie offshore est un univers masculin, au même titre que l'ensemble de l'industrie du transport maritime. Cependant, après 18 ans, je continue à l'oublier, et il me semble normal d'être considérée comme une collègue et non comme une femme. Je suis toujours surprise lorsque l'on me voit d'abord comme une femme, comme quelqu'un qui « sort du lot ». C'est évidemment dans la nature humaine, et la même chose pour toute « minorité » visible. J'ai évidemment rencontré quelques difficultés, et le récent #balancetonporc m'a bien sûr rappelé quelques moments difficiles. Cependant, il est également très gratifiant de gagner le respect de personnes qui pensaient que c'était « un monde d'hommes » et de leur montrer de quoi je suis capable. Je rencontre également des problèmes pratiques. Par exemple, il n'y a pas de poubelles dans les toilettes (ajoutez à cela des systèmes de toilettes par aspiration et la législation MARPOL, c'est un véritable défi !), et nous manquons souvent de place pour dormir (j'ai déjà dû partager une cabine avec trois collègues hommes). Il y a également ces moments où je rentre dans le carré d'un navire FPSO et où je sens tous les regards se tourner vers « la nouvelle femme », mais j'ai senti un changement dans les attitudes ces dernières années, car les femmes sont de plus en plus nombreuses. Il y a quelques mois, j'étais sur un vraquier, et il y avait plus de femmes que d'hommes (nous étions 5 !)

 

Concilier vie de famille et vie professionnelle : un vrai défi...

Je ne veux pas d'enfants, et je pense que c'est une bonne chose car mon mari travaille également dans cette industrie et est souvent absent. J'ai eu cinq chats au cours des quatre dernières années (c'est une longue histoire !) et j'ai passé les deux dernières années sur des rotations de sept semaines en terre et sept semaines en mer. Le plus difficile est de rentrer à la maison après sept semaines en mer et de devoir passer des heures à la nettoyer ! Heureusement, l'invention de Skype a grandement facilité ma vie de couple. Je me souviens lorsque j'ai commencé à partir en mer, les moyens de communication se limitaient à envoyer des lettres via l'agent et à utiliser des cartes téléphoniques sur le pont et lors de nos escales.  Aujourd'hui, il est beaucoup plus facile de garder le contact avec la famille lorsque je suis au travail – le problème est le même pour les hommes et pour les femmes !

 

*Retrouvez ces prochaines semaines dans cette même rubrique OFFshore les témoignages de Julia Crand, Second Mécanicienne, et de Chioma Mbama, Contracts Manager.

Les coulisses de Bourbon