19 Avril 2016

Bosun, bosco ou boatswain... autant de noms pour désigner une personne-clé à bord d’un navire offshore : le maître d’équipage. Interview croisée avec deux boscos BOURBON.

Ils s’appellent Frank William Isaac et Trond Haukas. L’un est Sud-africain, l’autre Norvégien. Embarqués à bord de deux navires BOURBON différents, à des milliers de kilomètres l’un de l’autre, ils exercent le même métier, avec la même passion : celui de maître d’équipage.

« En tant que bosun, je suis le relais entre le second capitaine et le reste de l’équipage. Chaque jour, je planifie les opérations logistiques et de maintenance et m’assure de leur bonne exécution », explique Trond Haukas, bosco à bord du PSV (Platform Supply Vessel) Bourbon Mistral, au large du Danemark. En fonction du type de navire, PSV ou AHTS, ces opérations incluent le chargement et le déchargement d’équipements, le ravitaillement et le transport de matériels, le positionnement de plates-formes pétrolières ainsi que toutes les opérations d’entretien du navire. « Je dirai aussi que la formation est partie intégrante du métier », ajoute Frank Isaac, bosco embarqué sur l’AHTS Bourbon Liberty 305 au large du Congo. « Nous devons apprendre et montrer aux matelots comment faire le travail en toute sécurité. Notre exemplarité en tant que bosco garantit l’excellence opérationnelle à bord ».

Avant de devenir maîtres d’équipage dans la marine offshore, Frank et Trond ont d’abord été matelots dans d’autres secteurs : la marine marchande pour l’un, la pêche pour l’autre. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ! » assure Trond, qui travaille pour BOURBON depuis 2005. Tout comme Frank, il a appris son métier sur le tas. « Plus on passe de temps sur le pont, plus on gagne en expérience pour devenir maître d’équipage. C’est ce qui nous permet aujourd’hui de partager notre savoir-faire avec nos équipes », confirme Frank Isaac, collaborateur BOURBON depuis 2013.

 

PRENDRE SOIN DE SOI ET DES AUTRES

Exécuter les opérations conformément aux standards de sécurité  du groupe est une priorité absolue pour nos maîtres d’équipage. « Il m’appartient de repérer toute non-conformité ou quasi-accident et d’en informer le commandant, le second capitaine et le chef mécanicien », précise Trond Haukas. Notamment, la procédure stop work policy qui impose l’arrêt d’une opération dès qu’une anomalie est détectée et ce jusqu’à sa correction. La clear deck policy est une autre mesure de sécurité scrupuleusement suivie : elle impose de dégager entièrement le pont en prévision d’un chargement.

« Au jour le jour, mon rôle est aussi de prendre soin de mes collègues et de moi-même, en m’assurant, par exemple, du bon port des équipements de protection individuelle », illustre Trond. Une responsabilité dont Frank Isaac se fait l’écho : « Je dis toujours à mon équipe : veillez sur vous-même et sur vos collègues. Nous avons chacun 10 doigts et 10 orteils et j’aimerais que cela reste ainsi ! ».

« Notre exemplarité en tant que bosco garantit l’excellence opérationnelle à bord. »
FRANK ISAACBOSCO A BORD DU BOURBON LIBERTY 30

UN PARTAGE PROFESSIONNEL ET HUMAIN

Comme dans tout métier, les difficultés existent. Elles sont d’ordre personnel ou professionnel. « Ce qui me pèse le plus », affirme Trond, « c’est d’être loin de ma famille plusieurs semaines d’affilée. » Frank, lui, relève un défi opérationnel : « Mon plus grand challenge du moment, c’est de surmonter la barrière de la langue. Ma langue maternelle, c’est l’anglais. Ici au Congo, la première langue, c’est le français. Pas toujours facile de communiquer dans ces conditions ! »

Tous deux s’accordent toutefois sur les plus du métier : la découverte de nouveaux pays, les rencontres, la richesse culturelle à laquelle ils sont confrontés… « Chine, Russie, Nigeria, Congo, Angola, Namibie : voici quelques-uns des pays que j’ai eu la chance de visiter ! » s’enthousiasme Trond.

Pour sa part, Frank affirme aimer partager son expérience de la mer avec les autres membres d’équipage, notamment ceux qui débutent dans le métier. Il raconte : « Lorsqu’un jeune embarque pour la première fois et ressent le mal de mer, je l’envoie chercher des légumes chez le chef cuisinier et lui confectionne une guirlande à mettre autour du cou, juste pour rigoler et détendre l’atmosphère ! Cela me rappelle mes propres débuts, en 1977, lorsque j’embarquais pour 30 jours d’affilée à bord de mon tout 1premier navire, un Super Tanker… » Comme quoi, tous les moyens sont bons pour se serrer les coudes, et cela vaut mieux, puisque, comme l’affirme Trond, « c’est en travaillant ensemble que nous ferons les choses de manière sûre et efficace. »

 

Les coulisses de Bourbon